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Informatique et erreurs médicamenteuses
E-Santé, TIC santé et santé publique
Jeudi, 05 Janvier 2012 16:36

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"Rôle des prescriptions informatisées dans la survenue d’erreurs médicamenteuses" - Un article de Bruno Charpiat, pharmacien au CHU de Lyon publié par la HAS

 

L'interview met en évidence l'importance du rôle du pharmacien dans le contrôle des ordonnances de prescriptions médicamenteuses, notamment lorsque celles - ci sont informatisées.
Ce contrôle lui a permis d'intervenir dans 27 à 30 % des cas et de repérer dans prés de 23 % d'ordonnances des erreurs. Il a constaté 4 catégories principales de problèmes médicamenteux : les surdosages médicamenteux (20 %), les interactions médicamenteuses (21 %), les modalités d’administration inappropriées ; par exemple écraser un comprimé à libération prolongée ou prescrire par voie injectable quand la voie per os peut être utilisée (26 %) et les médicaments inutiles (26 %). 

Il précise que  sur les 509 interventions constituant le groupe des modalités d’administration inappropriée, 300 étaient en rapport avec l’informatique. Pour lui "Les logiciels informatiques sont complexes et demandent un temps de formation"

Sa réponse à la question  Quelles sont les solutions concernant la prescription informatique que vous pouvez identifier ?  est éloquente
Je crois qu’il existe encore une très grande naïveté des utilisateurs vis-à-vis de l’informatique qui est souvent perçue comme infaillible. Dans le domaine de la santé c’est loin d’être le cas. Un logiciel de prescription devrait être développé comme un médicament. Il y aurait ainsi plusieurs phases ; une phase de développement au laboratoire ; une phase dans laquelle on prend en compte des vrais malades mais sous la surveillance stricte des professionnels de santé concernés en collaboration avec les éditeurs de logiciels, etc.
Les utilisateurs devraient pouvoir le tester pendant quelques mois en situation réelle avant de signer le contrat d’achat. Les futurs acquéreurs, en amont devrait s’intéresser aux phases de développement du logiciel qu’ils comptent acheter. En particulier, ils devraient vérifier :
1. que des spécialistes en ergonomie et en « utilisabilité » (psychosociologues, ingénieurs cogniticiens, ergonomes spécialisés en informatique) ont participé à son élaboration ; 
2. qu’il a fait l’objet d’une série de tests qui sont maintenant bien codifiés et validés et qui permettent de mettre en lumière des insuffisances aux conséquences potentielles néfastes pour le patient et pour les professionnels eux-mêmes. Il faut que le logiciel livré soit sûr mais aussi satisfaisant et surtout plaisant pour une utilisation quotidienne.

Pour lire l'intégralité de l'article publié sur le site de la HAS publié dans le dernier numéro  61 de DPC et Pratiques

Pour rappel, le rapport de l'IGAS réalisé en Mai 2011 et publié en Novembre 2011 sur le circuit du médicament à l'hôpital qui souligne l'importance des erreurs médicamenteuses et fait de nombreuses préconisations pour les limiter. Dans sa conclusion le rapport soulique que l'évaluation des équipements informatiques et technologique " doit toutefois être renforcée tant pour identifier et prévenir les nouveaux risques qu’ils génèrent, que pour en valider le retour sur investissement."
Pour accéder à ce rapport, cliquer ici